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    Les Eglises d'expression africaine se multiplient en banlieue parisienne

Dans les diocèses de la banlieue parisienne, l’Eglise catholique doit faire face à un fort dynamisme des Eglises protestantes d’inspiration évangélique et pentecôtiste. Chaque dimanche après-midi, des centaines de personnes ­ pour la plupart d’origine africaine ou antillaise ­ convergent vers la Plaine-Saint-Denis (Seine-Saint-Denis), au 144, avenue du Président-Wilson. Dans d’anciens locaux industriels transformés en salles de réunion, des prédicateurs à l’américaine prêchent la bonne parole, affirment détenir des pouvoirs de guérison et sollicitent en permanence la générosité des fidèles. Ils animent des mini-Eglises aux noms évocateurs : "La Parole vivante" , "Jésus sauveur du monde" , "Christ à l’oeuvre" ...

Il y aurait entre deux cents et deux cent cinquante Eglises protestantes d’expression africaine dans la banlieue parisienne. "Il s’en crée une ou deux nouvelles par mois, estime Albert Watto, professeur à l’Institut biblique de Nogent-sur-Marne (Val-de-Marne). Ils copient les pasteurs pentecôtistes américains..."

 Le pasteur Majagira Bulangalire, président de la Communauté des Eglises d’expression africaine en France (CEAF), rattachée à la Fédération protestante de France (FPF), se montre très critique sur ce phénomène. "Beaucoup de pasteurs autoproclamés ont senti qu’il y avait là une sorte de marché. Ils font miroiter toutes sortes d’avantages à des gens qui sont dans la misère, à des sans-papiers. Ils n’ont aucune formation théologique."

 Le pasteur Bulangalire le concède : "Les formes liturgiques des Eglises classiques ne sont plus adaptées aux attentes d’aujourd’hui. L’ancien pape Jean Paul II l’a bien compris, d’ailleurs, en encourageant les mouvements charismatiques."

 Le jésuite Michel Souchon, délégué pour les sectes et les nouvelles religions, relève que certains catholiques n’hésitent pas à fréquenter ces groupes de prière pentecôtistes, parallèlement à la messe du dimanche.

 Responsable des relations oecuméniques à la Fédération protestante, le pasteur Gil Daudé se refuse, pour sa part, de parler d’une "concurrence" entre les Eglises pour capter la population d’origine africaine ou antillaise. "Le clivage traverse toutes nos Eglises, fait-il valoir. Il sépare ceux pour qui la foi se traduit par une expression émotionnelle et les autres, qui privilégient l’engagement social et politique."

 A l’église Saint-Charles, au Blanc-Mesnil (Seine-Saint-Denis), les "louanges" commencent à 15 heures pour se terminer trois heures plus tard. Tous les dimanches après-midi, cet édifice de briques orangées, qui dresse son clocher au milieu des immeubles d’une morne banlieue, s’anime et se transforme en petit "Harlem" catholique. Environ 150 fidèles se réunissent pour une longue assemblée de chants et de prières, rythmée par les tam-tams. On y croise des Guadeloupéens, des Martiniquais, des Réunionnais, des Haïtiens, des Togolais, des Congolais...

"ARC-EN-CIEL"

 C’est Antoine Tohoue, 57 ans, originaire du Bénin, qui est l’organisateur de cette cérémonie. Cet ancien magasinier, ordonné diacre permanent en février 2003, a d’abord fréquenté un groupe de prière du Renouveau charismatique, à Paris. "Nous avons commencé par animer des messes dans notre paroisse. Mais certains, parmi les fidèles, supportaient mal les rythmes africains..." M. Tohoue concède que le tam-tam se marie assez mal avec l’orgue. Il a donc préféré créer son groupe d’expression africaine, distinct de la messe dominicale.

 A l’église Saint-Charles, la communauté paroissiale est composée à 90 % d’Africains, d’Antillais ou de Tamouls, auxquels se joignent quelques Portugais. Le reste des catholiques fréquentent plus volontiers la paroisse Notre-Dame , située dans une zone pavillonnaire. En Seine-Saint-Denis, si l’on met à part les communes bourgeoises, comme Le Raincy, la proportion des Africains et des Antillais atteint à peu près la moitié des fidèles catholiques pratiquants, selon les évaluations les plus courantes. Pour autant, il n’existe que deux prêtres antillais et deux diacres permanents d’origine africaine, sur un total de cent vingt prêtres en exercice.

 Le diocèse a dû s’adapter à cette nouvelle population de croyants, qui attache une grande importance aux guérisons miraculeuses. M. Tohoue n’aime pas s’étendre sur le sujet. "Il y a un tabou dans l’Eglise catholique" , prévient-il. Il reconnaît tout juste qu’il pratique des "prières de délivrance" pendant le culte de louange du dimanche après-midi. "Les gens allaient voir le marabout ou le féticheur pour résoudre leurs problèmes, justifie-t-il. Nous leur faisons valoir que le seul vrai sauveur, c’est Jésus."

 Ces demandes amènent les prêtres du diocèse à faire évoluer leurs pratiques. Le Père Souchon reçoit souvent des catholiques d’expression africaine qui viennent le solliciter pour un rite de désenvoûtement ou d’exorcisme. "Il faut commencer par écouter leur histoire, constate-t-il. Puis, après, faire une petite catéchèse. J’avoue que j’hésite moins que par le passé à utiliser des gestes comme le fait d’imposer les mains sur la personne en récitant une prière..."

 Les catholiques africains et antillais avouent souhaiter "une Eglise arc-en-ciel" , "des liturgies dominicales plus ouvertes aux cultures d’origine" , et pas seulement une messe africaine de temps en temps. Mais la solution ne passe pas forcément par l’élection, un jour, d’un pape noir. "Blanc ou Noir, l’essentiel, c’est qu’il soit à la hauteur de sa tâche" , résume M. Tohoue.

 X. T.  Article paru dans l’édition du 08.05.05  (Le Monde)

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