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    El gran dragon - la critique du film

L’argument :El Gran Dragon est un voyage au Pérou. L’exploration d’une équipe à la recherche d’un savoir en perdition par l’intermédiaire de rencontres en tous genres.

Réalisateur : Guerlotté, Tristan - Nivet, Gildas Genre : Documentaire Nationalité : Français, Péruvien Date de sortie : 05 mars 2014 Durée : 1h41mn Un documentaire engagé qui traite de la progressive disparition de la médecine traditionnelle par les plantes au Pérou et s’interroge sur l’avenir de notre planète.

Notre avis : A une époque où l’écologie et le développement durable sont au centre des réflexions, deux jeunes réalisateurs Français, Gildas Nivet et Tristan Guerlotté, ont tourné un documentaire au Pérou pour attirer l’attention sur un savoir qui se perd. Il s’agit de la médecine par les plantes qui existe depuis des millénaires dans ce pays d’Amérique du Sud. Les cinéastes n’ont pas eu recours à une voix off. Ils ont fait le choix d’évoquer leur sujet uniquement par le biais d’interviews de personnages locaux qui connaissent la médecine par les plantes ou qui l’utilisent dans le cadre de leur vie quotidienne. Le titre du film El gran dragon fait référence au grand dragon, gardien du savoir, avec ici des hommes qui perpétuent la tradition de l’utilisation des plantes. © Bobine Films On apprend ainsi que la fonction de guérisseur se transmet de génération en génération. Pour ces personnes qui vivent dans la forêt amazonienne, les valeurs humaines, qui tournent autour de la solidarité, sont très éloignées de notre société occidentale individualiste. Il n’est pas question de gagner de l’argent en qualité de guérisseur mais uniquement de faire du bien aux gens. L’altruisme et l’humanisme sont d’ailleurs des considérations que l’on retrouve chez les différents intervenants de El gran dragon. Ce documentaire est tout à la fois dépaysant par la rencontre d’une autre culture que la nôtre et enrichissant par ses explications. Car la médecine par les plantes n’a rien de farfelu. Elle permet de guérir tous types de maladies. Dans le cadre de ses activités, le chaman (guérisseur qui détecte les causes de la maladie du patient en absorbant divers breuvages) peut être amené à se déplacer et à guérir aussi bien ses compatriotes que des étrangers. On a l’impression que la volonté d’aider son prochain, de faire disparaître les souffrances, est un leitmotiv chez ces hommes qui utilisent une médecine dite traditionnelle. Pour autant, les méthodes employées peuvent paraître curieuses aux yeux d’un occidental, notamment les cérémonies et les incantations. Ce que l’on ne connaît pas fait parfois peur. D’ailleurs, ces chamans et autres guérisseurs ont été persécutés, pendant la période coloniale marquée par la domination espagnole jusqu’en 1821. Cette médecine traditionnelle a été considérée comme de la sorcellerie et a été rejetée par le pouvoir en place. Il faut dire que l’on a affaire à deux éléments antinomiques : d’un côté la médecine occidentale, basée sur la science, de l’autre la médecine traditionnelle basée sur la relation à la nature et sur la transmission de génération en génération de savoirs ancestraux. Le documentaire devient très intéressant quand il indique qu’il existe des passerelles entre la médecine traditionnelle et la médecine moderne. Certains médecins reconnaissent les vertus de cette science des plantes. Les deux types de médecine peuvent cohabiter et donner lieu à des résultats probants. La docteur Marta Villar Lopez, directrice du secteur de médecine complémentaire au centre de sécurité sociale Essalud, déclare que "toutes les méthodes et les façons de guérir sont valides tant qu’elles aident à maintenir ou à améliorer la santé du patient". En fait, l’humain doit être au centre des préoccupations. Une plante, citée à de nombreuses reprises, participe à cette guérison. © Bobine Films C’est l’ayahuasca, une plante maîtresse, qui permettrait aux chamans et aux guérisseurs d’accéder à des informations permettant de soigner les gens. Dans le cadre de ce documentaire, un rituel autour de l’ayahuasca a été filmé. Si l’idée est bonne, le résultat est plus mitigé. En effet, la cérémonie, qui se passe de nuit, dure pendant plusieurs minutes avec comme seule vision un écran noir et comme son des chants traditionnels. Il est certain que l’expérience en réel doit être impressionnante, ce qui n’est pas le cas devant un écran. Le documentaire ne se limite toutefois pas à une explication sur la science des plantes. Il amène le débat sur une thématique plus large. Les différents intervenants poussent un cri d’alarme en raison d’un écosystème qui est massacré. Exporté en masse, le bois contribue au développement économique du Pérou. Mais cette évolution se fait au détriment de la nature. La déforestation est massive et un intervenant évoque de façon très juste “la douleur qu’est en train de vivre la forêt”. Le destin de l’homme est étroitement lié à celui de Dame nature. Or, avec la destruction de la nature, c’est l’ayahuasca et les autres plantes qui sont menacées. C’est non seulement la fin de la médecine naturelle mais plus largement notre planète qui est en danger sur le plan environnemental. Ce n’est pas un hasard si à plusieurs reprises on nous montre de belles images de la nature péruvienne. C’est une façon de nous signaler ce que l’on risque de perdre si la nature n’est pas préservée dans un monde où la notion de profit est omniprésente. Cependant, si ces interviews sont riches de sens et d’interrogations, elles manquent de confrontations de points de vue. Tous les protagonistes sont là pour évoquer les bienfaits de cette médecine traditionnelle. Il eut été pertinent de recueillir l’opinion d’habitants lambda. On a bien toute la diversité du Pérou qui nous est évoquée avec ces paysages à la fois ruraux et urbains émaillant les différentes interviews. Mais les images ne remplacent pas les mots et la multiplicité des points de vue aurait pu être un plus. Au final, El gran dragon est un documentaire plaisant à regarder par les diverses informations qu’il livre au spectateur. Il met l’accent sur une médecine peu connue qui mérite que l’on s’y attarde. C’est aussi une œuvre pro écologique qui a le mérite de pousser l’homme face à ses propres contradictions : le développement économique, oui, mais à quel prix.

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