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    Pourquoi le Jihad attire autant certains jeunes?

Il ne s’agit plus seulement de jeunes "sans père et sans repères". Aujourd’hui, l’islam radical recrute chez des jeunes issus de tous milieux, voire de toutes religions. Mais comment l’endoctrinement s’opère-t-il ? Eléments de réponses.

Il y a six ans, l’islam radical faisait autorité sur des jeunes fragiles, des ’sans père, ni repère’. Ils avaient grandi dans des trous de mémoire, n’avaient pas intériorisé les limites, la loi. Mais cela ne marche plus. Le discours radical fait désormais autorité sur des jeunes qui ne sont pas issus de familles immigrées, sur des jeunes dont les familles pratiquent d’autres religions, comme des catholiques ou des juifs et de tous les milieux sociaux." Ce constat, inquiétant, est fait par Dounia Bouzar, anthropologue du fait religieux, membre de l’Observatoire de la laïcité et auteure de Désamorcer l’islam radical (Editions de l’Atelier).

Certes, la chercheuse concède que les endoctrinés issus d’autres religions que l’islam ne sont pas la majorité, mais l’observation de l’actualité récente souligne l’ampleur du phénomène. Deux jeunes apprentis jihadistes rattrapés de justesse pendant leur transit en Turquie ce mardi, 250 Français partis combattre en Syrie... l’endoctrinement à l’islam radical n’a plus rien d’un épiphénomène. Comment cette doctrine attire-t-elle les jeunes, radicalisés en quelques mois ?

Rappeler les plus jeunes au "principe de réalité" Les deux jeunes qui ont retrouvé leurs familles mardi à Toulouse avaient 15 et 16 ans et étaient encore des adolescents - et non de jeunes adultes. Pour Dounia Bouzar, cela fait une grande différence. "Plus les endoctrinés sont jeunes, plus on peut les rappeler au principe de réalité. J’ai eu l’impression que ces jeunes-là ont dû avoir une espèce d’électrochoc en se retrouvant, pour de vrai, loin de papa et maman. Ils ont eu aussi beaucoup de chance. Ce sont eux qui ont demandé de l’aide, ils sont revenus sur terre", observe-t-elle. "C’est plus facile pour des jeunes qui ont besoin d’amour que pour de plus vieux qui sont en rupture et qui sont plus âgés, plus mûrs, plus indépendants. Les parents ont été très courageux et tout de suite compris que cela relevait d’une emprise sectaire et non d’une conversion à l’islam. Ils ont fait ce qu’il fallait", analyse encore la spécialiste.

Quant à l’endoctrinement "ordinaire" à l’islam radical, il suit une logique implacable. Pour Dounia Bouzar "99% de l’endoctrinement se passe par Internet". Les endoctrinés explique-t-elle, ne se "rencontrent physiquement que lorsque l’identité du groupe a commencé à remplacer la leur". Mais si la technologie est appelée en renfort, il ne faut pas s’y tromper, il s’agit de "dérives sectaires". Le discours des recruteurs est toujours le même : "Tu as l’impression d’avoir un malaise dans ton corps, dans tes notes, dans tes relations avec les autres, c’est un signe de décalage, car tu ne le sais pas, mais Dieu t’a élu pour intégrer un groupe purifié. Un groupe détient la vérité et qui pour objet de sauver la société qui est régie par le mal, autrement dit le sexe, l’argent et la violence."

Une dialectique un brin manichéenne, mais dont le succès, assure la chercheuse, est dû à la "concordance d’un sentiment de malaise passager chez un jeune avec un discours qui renverse ce sentiment en signe de toute puissance". Et "la bascule peut s’opérer très vite", note-t-elle.

Avant tout un combat politique Mais existe-t-il, comme certains l’avancent, une spécificité de l’islam qui serait un terreau favorable à ces dérives sectaires ? La réponse négative de Dounia Bouzar est sans appel. Ces endoctrineurs ne sont plus seulement des "islamistes" au sens où ils porteraient un vrai projet politique. Ce ne sont plus que des "purificateurs" dont le but est de "redéfinir l’islam pour construire un groupe purifié et séparé des autres".

"On fait un amalgame en ayant peur de faire un amalgame. Par peur d’alimenter le Front national, on fait semblant de ne pas voir qu’il y a des soucis. En même temps, on valide des comportements des radicaux comme s’il s’agissait de pratiques religieuses. Ce n’est pas pour rien qu’ils progressent en occident. Il y a plus de radicaux en France qu’au Maroc", fait aussi observer l’anthropologue.

Pour Dounia Bouzar l’exemple emblématique est celui du voile intégral. "Le niqab a 60 ans et l’islam a 14 siècles. Ces endoctrineurs ont fait en sorte que la République valide le niqab comme si c’était une pratique de l’islam. Un Etat démocratique ne doit pas se mêler des débats théologiques. En revanche, c’est son devoir de protéger les citoyens contre les dérives sectaires".

Comment les parents peuvent tenter d’agir Face la multiplication des cas, des variantes de cette radicalisation, il existe une constante : l’incompréhension et le désarroi des parents. Les endoctrinés sont rapidement en rupture avec leur entourage et tous ceux qui les "sociabilisent, les profs, les parents, les amis". Parallèlement, fait remarquer la chercheuse, les endoctrineurs enlèvent à leurs victimes toute "capacité de raisonnement" et les plongent "dans le mimétisme". Une maman d’une fille qui essayait de renouer le dialogue a ainsi témoigné que cette dernière lui répondait en citant mécaniquement des "versets du Coran" ou par des formules de politesse vides de sens.

La seule arme qui vaille pour contrecarrer le discours bien rodé des endoctrineurs est de jouer sur l’affectif. "N’essayez pas de raisonner" vos jeunes, conseille Dounia Bouzar, mais "jouez sur l’affectif. "Sortez les photos de vacances (que ces mêmes endoctrineurs appellent à déchirer), portez le même parfum, dites à vos enfants que vous les aimez", indique-t-elle.

Retrouvez le témoignage d’une mère qui a vu son fils partir pour le jihad en Syrie :

http://www.bfmtv.com/societe/jihad-letat-doit-proteger-citoyens-contre-derives-sectaires-697394.html

par David Namias

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